Commémoration

6 décembre 2019

 

30 ans de la fusillade à l'École polytechnique de Montréal : L’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel se souvient.

 

La fusillade qui a fauché la vie à 14 femmes à l’école Polytechnique de Montréal il y a aujourd’hui 30 ans nous mène à la question : Avons-nous fait des progrès sur la violence envers les femmes et les filles ?

Pas assez, selon les estimations mondiales et régionales de la violence à l’encontre des femmes. Soit la violence de masse qu’ébranle la société dans son ensemble ou celle non moins tragique exercée en milieu familial, ce sont malheureusement les femmes et les jeunes filles les cibles les plus fréquentes de ces gestes. Selon un rapport récent des Nations Unies, on estime qu’environ 87.000 femmes dans le monde ont été intentionnellement tuées en 2017, dont plus de la moitié (58%) par leur conjoint ou des membres de leur famille [1]. Cela signifie que chaque jour en moyenne dans le monde, 137 femmes sont tuées par un proche, dont plus d’un tiers (environ 30.000 au total) par un conjoint ou ex-conjoint [2].

Au Canada, les données des dernières enquêtes populationnelles sur la victimisation (2004-2014) révèlent que parmi les victimes de violence physique ou sexuelle, davantage de femmes que d’hommes ont rapporté des incidents de violence conjugale grave et plus souvent répétitive [3].

Plus qu’un devoir de mémoire, ce triste anniversaire nous rappelle qu’il reste beaucoup à faire pour mieux comprendre les motivations profondes des violences liées au genre. Un travail qui s’impose pour saisir les éléments clés pour la prise en charge des victimes et des auteurs et inspirer des actions concrètes de prévention et sensibilisation.

 

[1] UNODC, Global Study on Homicide 2018 (Vienna, 2018)

[2] ONU femmes (2019). Mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles: quelques faits et chiffres. Repéré à https://www.unwomen.org/fr/what-we-do/ending-violence-against-women/facts-and-figures#notes

[3] Enquête sociale générale sur la victimisation, Statistique Canada (2014).

 

 

João da Silva Guerreiro, Ph. D.

Centre de recherche de l’Institut national de psychiatrie légale Philippe Pinel

 

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